Avis [Bonne lecture] : Coeur rebelle, Victoria Dahl

couv41239047Titre : La famille York, tome 1 : Cœur rebelle
Auteur : Victoria Dahl
Genre : Romance historique
Éditeur : Milady
Nombre de pages : 347
Date de parution : 2012

Dans l’Angleterre du XIXe siècle, Marissa York est une jeune fille de bonne famille, qui par son caractère un peu trop rebelle se retrouve compromise, après une embarrassante fin de soirée… Son frère, Aidan, lui trouve un prétendant de secours en la personne de Jude Bertrand qui, séduit par le côté impétueux de la demoiselle, se propose de l’épouser afin de sauver sa réputation. Cette idée n’est cependant pas du goût de l’intéressée, qui estime que Jude n’est pas l’homme idéal… Certes, ce n’est pas un gentleman : sa carrure imposante et ses traits grossiers peuvent effrayer de prime abord. Cependant, les opinions et les sentiments peuvent changer…


Citations


« – Je ne suis pas un garçon. Cela fait longtemps que je ne le suis plus. Et je n’ai jamais été beau, il serait donc vain de le souhaiter. Mais il existe de grands avantages à aimer un homme. Vous pourrez décider par vous-même ce que vous préférez. Garçon…(il posa imperceptiblement son pouce sur les lèvres de Marissa) ou homme ? »

« Malgré le froid qui lui engourdissait le bout des doigts, Marissa se promenait dans le jardin. Les roses étaient en train d’être taillées, et Marissa avait envie de surveiller les jardiniers, mais surtout, elle n’en pouvait  plus de rester assise à broder en attendant de ses nouvelles. (…) Ici au moins, dans le froid vif et piquant de l’automne, elle pouvait respirer. Le vent agitait sa cape bleue en tous sens, assouvissant ainsi son besoin instinctif d’effet dramatique. Si elle n’y prenait pas garde, elle allait irriter sa peau claire, qui ne supporterait pas un traitement si rude. Elle s’apprêtait à remonter sa capuche quand elle aperçut du coin de l’œil un  homme, à quelques mètres d’elle. Jude. Debout sous l’arbre où ils s’étaient allongés tous les deux si peu de temps auparavant, il l’observait avec intensité, sans même essayer de se cacher. Elle se sentit alors envahie par une profonde satisfaction. Il la regarda comme si elle lui appartenait. Elle prit alors conscience de ce que sa présence signifiait. Elle marcha vers lui à pas lents et il émergea de l’ombre pour venir à sa rencontre près des rosiers. Son répit avait été de courte durée. »

Avis


J’ai commencé 2018 par la lecture de cette romance historique qui a au moins le mérite de casser les codes du genre.

Tout d’abord, nous avons affaire à Marissa York, une jeune femme aimant flirter, danser et séduire. On est bien loin de la jeune aristocrate britannique prude et timide. Etant bien consciente de son potentiel de séduction, elle ne se prive pas de lorgner les belles courbes de ces gentlemen et d’ailleurs, elle arrive presque toujours à ses fins. Cependant, ces instants d’émoi sont bien souvent de courte durée. Face aux comportements rustres de ces garçons, Marissa déchante bien souvent. Jusqu’au jour où elle rencontre Peter White et qu’elle se retrouve compromise.

Rebelle et refusant tous les codes de son rang, elle refuse obstinément de se marier avec Peter White, allant ainsi à l’encontre de la volonté de ses frères et de sa mère. Est alors trouvé une solution pour détourner ce problème : Jude Bertrand, un ami de la famille, vient de se proposer comme mari pour sauver Marissa du déshonneur. Mais Jude est loin d’être le bel homme séduisant dont Marissa rêve et elle refuse catégoriquement de l’épouser.

S’en suit deux histoires étroitement mêlées : les hommes cherchant à élucider le complot monté de toute pièce par Peter White contre Marissa, et un jeu de séduction entre elle et Jude.

Plusieurs éléments m’ont fait tiquer. Tout d’abord, les noms des personnages principaux. Si les frères Aidan, Edward et Harry font rêver, où est-ce qu’on est allé chercher le nom de Jude Bertrand ? Par ailleurs, l’histoire est cousue de fil blanc et la résolution du complot m’a semblé un peu simplette. Enfin, il est trop souvent fait allusion au physique ingrat de Jude, ce qui n’aide pas à se projeter dans la romance.

Cependant, j’ai passé un bon moment grâce aux bonnes répliques de Jude, aux descriptions des lieux (le château, le jardin, les écuries, les bals…) et à l’évolution du personnage de Marissa.

 

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Avis [Bonne lecture] : Beaux rivages, Nina Bouraoui

p1.jpgTitre : Beaux rivages
Auteur : Nina Bouraoui
Genre : Contemporain
Éditeur : JC Lattès
Nombre de pages : 245
Date de parution : 2016

C’est une histoire simple, universelle. Apres huit ans d’amour, Adrian quitte A. pour une autre femme: Beaux rivages est la radiographie de cette séparation. Quels que soient notre âge, notre sexe, notre origine sociale, nous sommes tous égaux devant un grand chagrin d’amour. Les larmes rassemblent davantage que les baisers. J’ai écrit Beaux rivages pour tous les quittes du monde. Pour ceux qui ont perdu la foi en perdant leur bonheur. Pour ceux qui pensent qu’ils ne sauront plus vivre sans l’autre et qu’ils ne sauront plus aimer. Pour comprendre pourquoi une rupture nous laisse si désarmés. Et pour rappeler que l’amour triomphera toujours. En cela, c’est un roman de résistance.

Citations


« On se dit toujours que quelqu’un nous sauvera alors qu’il serait plus juste de se sauver soi avant de profiter d’un triomphe qui viendrait des autres. »

« L’amour est imprévisible. Il survient quand on ne l’espère plus, disparaît alors qu’on le jugeait acquis. »

« La tristesse, quand elle survient, trouble la raison. »


Avis


Une séparation après huit ans de relation. Un naufrage amoureux. C’est une certaine « descente aux enfers » qui est racontée au fil des pages. On se tire soi-même vers le fond, consciemment, mais inexorablement.

On passe alors par toutes les étapes du deuil amoureux : séparation, absence, souffrance, douleur, détresse, refus de l’acceptation, obstination à croire que tout redeviendra comme avant. On ressent la difficulté à lâcher l’être aimé de manière définitive : les anciens amants continuent à se donner des rendez-vous autour de cafés pour discuter, pour comprendre, pour se donner des nouvelles. Ces rendez-vous se terminent parfois par du sexe même si chacun d’entre eux sait que c’est malsain. Mais c’est plus fort que nous. L’être aimé est une drogue : on en est privé du jour au lendemain, on souffre du sevrage, tant psychologiquement que physiquement. On est alors prêt à tout pour que tout redevienne comme avant, même à se bercer d’illusions.

Adrian, qu’elle appelle A., c’est l’amour avec un grand A (coïncidence ?), le grand amour d’une vie, celui qui marque à jamais. Au fil des jours, des années, on prend cet amour pour acquis mais il disparait aussi soudainement qu’il est arrivé. On comprend alors la difficulté de vivre le quotidien sans A., de réinventer ce quotidien sans l’être aimé, quand tant de souvenirs, de projets évaporés vous reviennent à la figure toute la journée. Il faut accepter que tout va changer, que les matins, les soirées, les week-ends, les vacances, la vie ne sera plus jamais la même, que l’avenir imaginé ensemble a été balayé. Accepter enfin que l’âme sœur qu’on croyait être ne l’était finalement pas, que cet homme ne nous appartient plus, mais à une Autre.

Alors on s’aperçoit que les deux souffrent : celui qui quitte comme celui qui est quitté. Adrian est partagé entre son ancien amour pour qui il a encore beaucoup d’affection et le nouveau,  qui lui en demande beaucoup : l’Autre.

Elle espionne l’Autre, celle qui a pris sa place, qu’a-t-elle a de plus qu’elle ? Est-elle plus belle, plus drôle, plus intelligente, plus spontanée, plus légère, plus attentive ? Elle scrute les réseaux sociaux, les blogs, où s’étale petit à petit la nouvelle vie d’A. et de l’Autre, ce nouvel amour qui naît, au fur et à mesure que l’autre s’évanouit. On sait que cela va nous faire encore plus de mal mais on ne peut s’empêcher d’espionner, d’épier, pour comprendre peut-être, pour souffrir encore davantage, sûrement.

Et puis, tout comme le deuil, la phase de l’acceptation et de la reconstruction pointe le bout de son nez. Elle finit finalement renouer avec le goût de vivre, et même retomber amoureuse. Même si ça ne sera jamais vraiment pareil, même si sa relation avec Adrian reste irremplaçable, elle avance et fait confiance à la vie. On finit sur une note positive, pleine d’espoir.

Cette histoire fait tellement écho à ma situation personnelle que cette lecture a été aussi formidable que douloureuse. L’auteure retrace la séparation amoureuse avec génie et réalisme. Une chose est sûre, on ne sort pas indemne d’une rupture amoureuse et croire que l’on en guérit un jour est une pure illusion.